Pêche à roder :
Mode d’emplois !

Une seule canne est largement suffisante !!
La pêche à roder est une manière de pêcher la carpe un petit peu différente de notre pêche d’attente classique ; Peu employée par les carpistes elle mérite d’être sortie de l’ombre et c’est avec ces quelques lignes que je vais essayer de vous transmettre le virus du « Baroudeur ».

Un poisson observé avant d’êtres piqué !
Avant tout cette pêche est une pêche de mouvement qui nécessite donc une faible quantité de matériel afin d’être le plus mobile possible.
Profil d’équipement adapter pour la pêche à roder :
- Une seule canne de préférence télescopique de manière à pouvoir passer partout sans rester coincé dans la flore,
- Une épuisette,
- Un tapis de réception,
- Un sac à dos contenant impérativement une paire de jumelles, un peson, une fronde, les appâts et bien sur tout le matériel nécessaire à la confection de montages……
- Un piquet armé d’un détecteur bien qu’il ne soit pas toujours indispensable.
Vous l’aurez compris la pêche à roder consiste à traquer le poisson plutôt qu’à l’attendre mais cette pêche ne peut pas s’appliquer n’importe où, n’importe quand, et n’importe comment ! Afin d’optimiser vos chances de prendre du poisson en « Rodant » voici quelques conclusions tirées de l’expérience de nombreuses heures passées au bord de l’eau à traquer les carpes……..
Un site calme de préférence ……..

Regardez bien…………. Si, Si c’est bien des carpes !!!
Les carpes qui patrouillent en bordure étant celles qui sont les plus faciles à observer et donc à comprendre il est plus simple de choisir des lieux peu fréquentés par l’humain en général. En effet comme tout le monde sait, les endroits où les berges demeurent calmes favorisent la présence de nos cyprins sur les bordures (les bases de loisirs sont donc logiquement à exclure de notre liste….). Pour appliquer notre pêche je privilégie donc les rivières sauvages, les coins de fleuves tranquilles ou encore les carrières encore en exploitation qui, pour ces dernières, sont bien souvent interdites aux public ce qui nécessite un certain camouflage, histoire de ne pas se faire attraper.
Une observation primordiale ……
L’observation est certainement le facteur n°1 de ce type de pêche. En effet 2 fois sur 3 je passe plus de deux heures à me balader sur le site à observer le moindre signe qui pourrait trahir la présence d’un banc de carpes. Tant pis si je ne pêche pas pendant ce temps là car je sais que c’est du temps de gagné! C’est dans ces moments là qu’il est important d’avoir une bonne paire de jumelles car plus le poisson est localisé rapidement plus vite vous serez en action de pêche. N’hésitez pas à grimper dans les arbres (parfois très haut) pour avoir une vue panoramique, car bien souvent cela vous permet de découvrir de véritables colonies de carpes qui étaient à peine visibles d’en bas.

Au ferrage, le premier rush peut être fatal alors rester vigilant !!!Des saisons propices à l’observation…….
Certaines saisons ont pour avantages de faciliter l’observation ! Je pense notamment à la fin du printemps et au début de l’été (période où les carpes nagent souvent en surface mais restent néanmoins actives).

Le mois de juin : Un mois idéal ! Surtout pour le pêcheur !!!
Une approche plus que discrète……..
Une fois le poisson localisé il est bienvenu de s’approcher, tel un sioux, le plus près possible de manière à minimiser le bruit de l’impact du plomb dans l’eau. En effet il est préférable que ce bruit éveille la curiosité du cyprin plutôt qu’il provoque sa fuite. Il ne faut pas non plus pousser le cas à l’extrême en voulant s’approcher trop près du poisson car cela peut mal finir……Si, Si j’vous assure !!!! Pour anecdote, un après midi du mois de Mai j’observe une énorme commune qui nage à 5m devant moi juste à l’aplomb des branches de saules pleureurs qui bordent le plan d’eau. Mécontent de son indifférence total devant mes ptits grains de mais doux je décide de grimper dans un des saules pour lui présenter un joli verre de terre juste sous la surface. Malheureusement, il me manque quelques mètres pour pouvoir placer l’esche idéalement. J’avance donc doucement sur la branche (un grosse branche pourtant, mais faut pas faire confiance aux saules, çà casse comme du verre), bref il ne manque plus que quelques centimètres le poisson n’est plus qu’à un mètre de l’appât et CRAAAAAACK !!!!!!!!!! Suivi d’un gros PLOUUUUUUUUUUFFFFFFF !!!!!!!!! Je pense que vous avez compris j’ai failli assommer cette pauvre carpe en tombant dans la flotte comme une M…. !!!!! Voilà pourquoi je vous dis qu’il ne faut pas vouloir s’approcher trop près……
Des appâts instantanés……..

Voilà un montage adapté à la pêche à roder….
Etant donné la situation de « pêche éclair » il est important d’utiliser des appâts qui attirent les carpes instantanément. C’est donc pour cela que je privilégie le Maïs doux (pour sa teneur en sucre et sa couleur « fluo ») ainsi que les d’appâts naturels comme le verre de terre ou encore tout type d’insectes étant susceptibles de tomber des arbres.
Vous pouvez également utiliser des bouillettes notamment les bouillettes flottantes mais si vous pêchez un plan d’eau vierge privilégiez tout de même les appâts naturels (vraiment plus efficaces).

Cette approche n’exclue pas la capture de grands poissons !
Voilà, vous pouvez maintenant entamer votre matinée, après midi ou encore journée de « Baroudage » mais sachez qu’il n’est pas nécessaire de rester planté au cul de votre canne plus de deux heures si celle-ci n’a toujours pas déroulée (pour ma part 80% des départs enregistrés on eu lieu moins de 30 minutes après avoir posé l’esche sur le fond).
Cette pêche est une pêche instantanée et sachez qu’après la capture d’un poisson le banc a bien souvent tendance à se déplacer. A vous de le retrouver (lui ou un autre d’ailleurs) ou mieux, d’anticiper où celui-ci pourrait migrer. Dans ce cas, c’est que du bonheur mais cela reste quand même relativement rare surtout si vous pêchez un plan d’eau supérieur à 10 hectares, ou pire, une rivière.
Bonne traque à tous ….
Mesa.