• Bonjour, peux-tu te présenter aux membres de Planète Carpe? Salut, je me prénomme Cédric, j’habite dans la belle région de l’Isère entre Grenoble et Lyon. J’ai 30 ans et je suis technicien qualité-sécurité-environnement.
La carpe a été une révélation assez tardive. Dans mes jeunes années je me rendais peu à la pêche : 1 à 2 fois par an avec mon oncle pour pêcher le poisson blanc, l’essentiel de mes loisirs étant occupé par la pratique sportive.
Mais l’année du bac des pôtes pêcheurs m’ont transmis le virus. J’ai débuté dans un petit étang près de chez moi en pêchant la truite, le gardon et le brochet. Mais très vite j’ai entendu parlé d’un poisson mystérieux : la carpe.
Je me souviendrais toujours de mon premier départ et de mon premier combat par un beau matin de mai : un pur moment de bonheur. Ce poisson a changé ma vie. Depuis ce jour je n’imagine pas me passer de ce bien être récolté au bord de l’eau.

• Quels sont les types de plans d’eau que tu aimes pêcher, et quelle est ton approche favorite dans la traque de nos géantes ?
J’ai pêché pendant pas mal d’année des petits plans d’eaux proches de chez moi peaufinant ma technique à la recherche d’un trésor, et à force de fouiner j’ai trouvé un joyau (malheureusement aujourd’hui sur le déclin !).
C’est pour cela que depuis 1 ou 2 saisons mon univers s’est élargi. Aujourd’hui, j’ai soif de découverte, de nouveaux horizons : les grands lacs bien sûr mais aussi et surtout la rivière : le Rhône en l’occurrence.
Côté technique j’ai « tout » essayé. De l’amorçage d’accoutumance de plusieurs mois au pêches éclairs.
Mais ma technique favorite est sans conteste la pêche au spot. Je suis un traqueur dans l’âme toujours en alerte, à l’affût du moindre signe d’un poisson. Le single bait est également une « arme » qui maintes fois a fait la différence en ma faveur.

• Quels sont tes appâts préférés et pourquoi ?
Ils sont multiples : les graines qui seront toujours prenantes (souvent plus que les bouillettes) avec en tête de liste le maïs, la tiger, lupin, l’arachide et bien sûr le chènevis en amorçage.
J’aime également énormément les pâtes amorces qui m’ont permis de faire des pêches quasi miraculeuses.
Et la sacro sainte bouillette bien sûr. J’utilise depuis quelques années uniquement les billes du commerce par facilité et gain de temps. J’en ai testé énormément et mon sac est toujours rempli de multiples d’appâts de marques différentes (souvent bien trop pour mon dos !). Je fais confiance aux « grandes » marques sans jamais avoir vraiment constaté qu’une bille était très supérieure à une autre hormis conditions particulières. J’utilise des appâts denses mais aussi très souvent les bonhommes de neige à qui je dois un fabuleux doublé.
En réalité ma pêche est ultra simple que ce soit au niveau des appâts et des montages, j’observe et je m’adapte à la situation !

• Quel est ton meilleur souvenir de pêche à la carpe ?
Ils sont tellement nombreux. Tout ce que je sais c’est qu’ils sont toujours décuplés quand ils sont partagés. Les personnes qui m’accompagnent au bord de l’eau sont des personnes que j’estime et avec qui je partage sans même me poser la question chaque départ que ce soit un gros ou un petit poisson.
Un de mes plus beau souvenir est un petite partie de pêche avec un de mes frère sur une zone peu profonde d’un étang où pas mal de poissons semblaient s’être regroupés pour profiter des rayons du soleil bienfaiteurs d’un mois de mai. Les poissons semblaient euphoriques, excités par l’amorçage et se battant pour s’emparer des quelques grains de maïs proposés. Nous allions parfois rendre visite à des carpistes situés plus loin sur la berge mais les départs étaient si nombreux que les discussions étaient souvent écourtées par une course folle pour rallier notre poste.
Nous étions tombés au bon endroit au bon moment car sur le reste du plan d’eau niet comme pour ceux qui ont pêché notre poste le lendemain …
Il y a aussi ce combat épique de mon frère effectué un beau soir d’Août avec une canne venu d’un autre âge (en bambou) sur un poisson surpuissant à tel point qu’on ce demandait ce qu’il avait piqué. 4H50 de lutte ! J’ai même été obligé de lancer de grosses pierres dans l’eau pour le détourner des obstacles. Imaginez un peu le tableau si je n’y avait pas été, je n’y croirais pas et pourtant … un grand moment de pêche !!
• Quel est ton pire souvenir de pêcheur de carpes ?
Les galères font aussi partie du jeu, même si on en rigole à-postériori.
Que ce soit la pluie, le froid, le matériel, les capots ou bien la garderie, quand tout va mal …
L’année dernière j’ai appris qu’un futur grand poisson (et une vieille connaissance) avait été retrouvé mort probablement à la suite de mauvais traitement, ça m’a foutu un coup car je comptais bien le capturer de nouveau dans quelques années !!

la bête en question
• Qu’est ce qui te fait vibrer dans la pêche de la carpe ?
La pêche de la carpe fait pour moi partie d’un tout, car même si notre épuisette reste sèche, nous sommes heureux d’être au cœur de la nature et en harmonie avec elle. Apprécier le chant d’un oiseau, la beauté d’un couché de soleil ou la puissance d’un chêne centenaire.
La pêche de la carpe demande réflexion, capacité d’analyse et remise en question, car la vérité d’aujourd’hui n’est pas forcément celle de demain …
Même si j’apprécie de me retrouver seul au bord de l’eau, la notion de partage est aussi très importante pour moi. Que ce soit avec mes frères ou mon coéquipier, la pêche est pensée en commun, aussi bien pour le positionnement des montages, que pour le partage des départs, et l’efficacité s’en ressent !
J’aime aussi ce sentiment d’aventure et de liberté que l’on retrouve parfois en session et qui nous fait cruellement défaut dans notre vie quotidienne. En session on oublie notre vie trépidante, il n’y a pas d’horaire, on vit au rythme de la nature.
Bien sûr les grands poissons me font également vibrer, car leur capture est toujours un moment magique !
 • Quelle est ta vision du monde carpiste actuel ?
Le monde carpiste actuel connaît certaines dérives inéluctables notamment de part sa popularisation, comme de partout il y a des moutons noirs mais heureusement ce n’est pas la majorité. La pêche de la carpe est devenue une industrie avec ses bons et ses mauvais côté ; il faut savoir faire le trie.
J’ai été témoin au bord de l’eau de pas mal d’actes, pour moi intolérables, mais je pense que c’est plus une affaire d’individus que de génération. J’ai envie de croire en l’avenir de la pêche de la carpe, l’éducation et le respect doivent faire partie de l’équation.
• Quels conseils donnerais tu à un gamin de 10 ans pour appréhender notre pêche en 2007 ?
Observer, prendre son temps pour progresser, sans brûler les étapes. Il faut passer du temps au bord de l’eau, s’immerger dans le milieu pour le comprendre. Rien ne remplace l’expérience acquise au bord de l’eau.
L’aventure carpe est belle et grande, il faut en apprécier chaque instant. C’est une passion saine et enrichissante qui vaut la peine d’être vécue.
• As-tu un message à faire passer ?
Les pêcheurs sont amenés à évoluer dans des espaces naturels parfois encore épargnés. En tant qu’utilisateurs et observateurs privilégiés, ils se doivent de donner l’exemple en respectant la nature. Nous devons bien avoir à l’esprit que même « évolués » nous faisons partie intégrante d’une chaîne où chaque élément, aussi insignifiant soit-il, est essentiel indispensable. Notre avenir est lié à celui de la nature, pensons aux générations futures …
3 instant de rêve et d'espoir
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