Oubli fatal par Mesa
Jeudi 01 Mars 2007

Oubli fatal

 

 Nous sommes le mercredi 8 juin, il est 15H00 et je stoppe subitement mes révisions du bac (quand c’est trop, c’est trop!) pour décompresser un peu avant d’aller passer mon épreuve de philo qui est prévue le lendemain à 14H. Rien de tel qu’un petit « coup du soir » pour rafraîchir mes p’tits neurones et tant qu’à faire relire un ou deux textes d’Aristote histoire de se donner bonne conscience.
 En 20 minutes, je suis opérationnel (noté à qu’elle vitesse j’ai chargé la voiture.....) et entame les 50km qui me sépare du lieu de pêche. Quelques litres de gasoil (mélangé à de l’huile de colza SVP) et quelques chansons de Rancid plus tard j’arrive sur cette gravière que je connais bien car cela fait maintenant presque 10 ans que je la pêche. Cette gravière située au bord du Loing fait 12ha, est extrêmement riche en nourriture naturelle et je sais parfaitement que la capture d’un poisson de plus de 20kg peut arriver à n’importe quel moment.

planete carpe

Une tête massive…..le truc en bas de sa bouche c’est mon doigt et croyez moi, j’ai de bonnes "paluches"!!

Il est 17h00 et pendant que je prépare mes p’tits solubles une jolie commune d’une bonne dizaine de kilos se trahit en marsouinant sur un haut fond situé à une centaine de mètres au milieu d’une grande baie protégée du vent.
 Je ne me précipite pas pour autant car c’est souvent comme cela que l’on fait des conneries. Je prends donc mon temps et consacre même une grosse demi-heure à observer l’activité du lac sans même commencer à pêcher.
 Après avoir repéré 2 zones où les poissons sont réellement actifs, je propulse mes 4 montages accompagnés uniquement de leurs 4 solubles respectifs et commence à potasser mon livre de philo que j’ouvre , pour être franc, pour la première foi de l’année (il serait temps me direz vous !)

planete carpe

Une photo bien pourrie ……..

 Il est maintenant 20h30 et mon casse croûte est interrompu par 2 bips sur la canne placée sur le haut fond. Je m’approche, observe et constate très vite que la demoiselle qui se trouve de l’autre côté de la ligne nage à grande vitesse latéralement sans me prendre un cm de fil. Je ferre, réaction immédiate du poisson qui fonce dans ma direction ce qui me fait mouliner comme un taré pour essayer de reprendre contact avant que le poisson ne rejoigne les souches qui se trouvent à une vingtaine de mètres sur ma gauche. Je reprends contact à temps, bride le poisson dans la bonne direction et entame un joli combat par cette belle soirée d’été (non, pardon on est encore au printemps).
10 minutes plus tard j’épuise une jolie petite miroire que j’estime à une dizaine de kilos.
Pas besoin de faire stresser le poisson plus que çà, je le décroche donc dans l’épuisette et le laisse rejoindre son élément qu’il n’avait d’ailleurs pas quitté.
 Un soluble et un lancé plus tard, je suis de nouveau sur mon level chair à grignoter tout en poursuivant ma lecture.
 Il est 22h00 la nuit tombe et il ne me reste que deux heures de pêche. Fini la philo place à la magie de la nuit et notamment au balai d’étoiles filantes que m’offre le ciel ce soir là.

planete carpe

Le même poisson capturé un an et demi avant : à 17.6 kg

Il est environ 23h00 lorsque j’enregistre une touche à retour phénoménal.
Je mouline et HOP ! Prise de contact ! Haaaa ! Cette fois c’est du sérieux je n’ai pas affaire au même gabarit….c’est lourd, çà traîne le fond et çà donne de lourds coups de tête…..j’ai compris ! Je viens de ferrer un tracteur !!
 Le poisson se laisse ramener sur trente mètres puis décide de faire demi tour pour tenter de rejoindre l’arbre mort couché au coin de l’île qui est devant moi. Face à une telle puissance je ne peux que m’incliner mais par chance, le poisson finit par tourner et s’écarte peu à peu de l’île pour prendre la pleine eau. Le combat devient alors équitable et c’est seulement après 20 minutes de rapport de force que le poisson arrive à l’aplomb de ma canne. Maintenant qu’il est au bord il faut le faire monter le gaillard et il me faudra encore 5 bonnes minutes pour glisser la bestiole dans l’épuisette.
 Le poisson est lourd ! Très lourd ! Et ce n’est qu’une fois posé sur le tapis que je le reconnais. En effet ce poisson (facilement reconnaissable par la présence d’un gros kyste sur le flanc droit) est une grosse miroir que j’ai déjà prise à 17.6 kg un an et demi auparavant au mois d’octobre, mais là, c’est sûr, la mémère a encore pris du poids. !!!
 C’est à ce moment que la phrase d’introduction prend tout son sens….
Dans la précipitation du départ j’ai oublié le peson ainsi que l’appareil photo (c’est ce qui arrive quant on ne prend pas le sac de rangement pour être plus « léger »)
Heureusement pour moi il me reste mon caméscope numérique qui fait également appareil photo. Le petit problème c’est que l’engin est équipé d’une vision infra rouge et en aucun cas d’un spot lumineux classique (c’est beau la technologie….).
 Résultat des courses : Un poids mystère, des photos pourries et un pêcheur un peu dégoûté.
Comme dirait Mr de La Fontaine « Rien ne sert de courir…. »

                                                                                                                                Mesa.