Vous le savez désormais très bien, la réussite de notre pêche passe bien souvent par la localisation du poisson, très loin devant le choix des appâts…..Oui, je sais ce n’est pas vraiment un scoop….plutôt du radotage même !
En effet, selon l’adage répété maintes et maintes fois, un appât (aussi bon soit-il) placé dans un désert n’a que très peu de chance de vous rapporter un poisson….d’où l’intérêt de déterminer avec précision les lieux et les conditions d’alimentation de nos cyprins préférés.

La meilleure méthode pour localiser efficacement les carpes consiste à….se mettre dans leurs nageoires ! Je m’explique : la carpe, comme tout animal « sauvage », est uniquement mue par des instincts (vitaux ou non), et non par une quelconque forme d’intelligence supérieure (ces propos risquent de choquer un certain nombre de carpistes, persuadés que les carpes sont capables de réflexions poussées….Il suffit de voir leurs montages pour s’en rendre compte !)
Les 2 besoins les plus importants (hors période de reproduction) sont l’alimentation et le confort thermique (thermotropisme). On peut par ailleurs noter que les 2 sont étroitement liés, puisque la quantité de nourriture naturelle est directement influencée par la température de l’eau. En fonction de ces 2 tropismes, on peut donc différencier les zones d’alimentations des zones de tenues (notamment dictées par le thermotropisme….les zones de tenues…..ok ?….j’en vois au fond qui ne suivent déjà plus !…)
Essayons de voir cela plus en détails.
1. ZONE D'ALIMENTATION
Une carpe va choisir sa zone d’alimentation en fonction de 2 facteurs principaux : la quantité de nourriture naturelle et la facilité d’assimilation de celle-ci. ( n’oublions pas que la carpe cherche avant tout à emmagasiner le maximum d’énergie en produisant le minimum d’efforts….exactement comme nous et le Mc Do quoi !!!)
De ce constat fort simple, à nous d’en déduire les conclusions qui s’imposent et de rechercher les lieux susceptibles d’abriter cette nourriture naturelle ( ou artificielle dans le cas de plans d’eaux surpéchés, mais c’est un autre sujet…)Passons donc au cas concrets !
- Les obstacles : zone d’alimentation prioritaire, les obstacles (quels qu’ils soient) renferment généralement une grande quantité de nourriture naturelle. Les obstacles immergés (arbres, souches, anciens murets, vieille barque…..voir voiture pour la région Toulousaine !) sont généralement de véritables nids à écrevisses, mais peuvent aussi recevoir des colonies de dréssènes, ainsi que des mollusques divers…

Les obstacles émergés présentent en plus la particularité de proposer aux carpes des mets….terrestres ! (petites bestioles en tout genre tombant de la branche, mais aussi fruits sauvages, etc…) Il s’agit souvent là de hots-spots en puissance ! En voici 2 exemples frappants :


-Les bordures : les bordures constituent la zone d’activité principale de tout plan d’eau. En effet, la chaîne alimentaire aquatique à avant tout besoin de lumière pour se développer (rappelons que le premier maillon de la chaîne alimentaire est conditionné par la photosynthèse. CQFD) On peut donc considérer rationnellement que les ¾ de la vie aquatique se déroule dans moins de 4m de profondeur.

Négliger les bordures serait donc une grave erreur ! Et quand je dis « pêcher les bordures » , j’entends par là les profondeurs inférieures à 1m ! Pour l’anecdote, j’ai pris le poisson suivant dans moins de 50 cm d’eau, alors que le montage « gagnant » était encadré de chaque côté par 2 cannes péchant dans 1m…Ce qui sous-entends que le poisson longeait les bordures à la recherche de pitance, avec une partie du dos dépassant la surface !

-Les hauts-fonds : les hauts-fonds sont souvent propices à recevoir la nourriture naturelle grâce à deux facteurs : un fond souvent plus dur qu’ailleurs et un développement benthique plus important (du fait de la plus grande quantité de lumière disponible ). Personnellement, les hauts-fonds ne m’ont valu des départs que lorsqu’ils étaient relativement prononcés (au moins 1m de moins que la profondeur générale du plan d’eau). Des secteurs intéressants à prospecter en début de saison puisqu’ils se réchauffent plus vite que le reste du lac, et présentent souvent de grosses colonies de corbicules…
-Les fosses : un des intérêts majeurs des fosses est de receler régulièrement de véritables « poches » de vers de vase. Occupant une grande partie du régime alimentaire de nos chers cyprins, les larves de chironomes sont difficilement concurrençables par nos appâts, aussi bons fussent ils… Autrement dis, des poissons fixés sur un gisement de vaseux dédaigneront la majorité du temps tout ce que vous pourrez leur proposer…Ces grands fonds peuvent aussi être intéressants par grands froids car la couche d’eau la plus profonde est à 4°C lorsque la surface de l’eau est gelée ! (Cette stratification des températures se vérifie essentiellement en grand lac, dont les couches d’eaux sont nettement différenciées du fait des grandes profondeurs.)
-Les cassures : les cassures font souvent partie des « autoroutes » à carpe d’un plan d’eau, il s’agit là de spots « incontournables », souvent à cause du changement de texture du fond de part et d’autre de cette cassure…(facile….la carpe change de menu d’un coup de nageoire !)

Il existe d’innombrables autres spots susceptibles d’être des zones d’alimentation (arrivées de tributaires, falaises, herbiers), les énumérer tous serait trop long et fastidieux…d’autant qu’envisageable qu’au cas par cas ! Néanmoins, ceux cités ci-dessus sont parmi les « incontournables » !
2. ZONE DE TENUE
A contrario, les zones de tenues sont des postes sur lesquels les carpes vont passer la majorité de leurs périodes d’inactivité. Ces postes ne seront généralement productifs avec des appâts plutôt de type « leurre » (fluo flottante, boostée, etc…) que du type nutritif à proprement parler (amorçage en règle…) Privilégiez donc des pêches au spot avec un amorçage très léger et des appâts…visibles !
Ces zones de tenues sont souvent situées dans des profondeurs assez importantes et sous (ou dans…) des obstacles, gage pour nos poissons de sécurité et de tranquillité. Il arrive souvent de voir de nombreux poissons se manifester sur des spots précis sans pour autant que ceux ci ne s’alimentent. Il ne s’agit souvent dans ce cas non pas de poissons se déplaçant, mais plutôt bien de zones de tenues.
Déterminer ces lieux de repos permet parfois de glaner quelques poissons « bonus » en jouant alors sur leur curiosité…
Dans un prochain article, nous verrons les différents moyens mis à notre disposition pour découvrir ces spots.