Une session en grand lac, plus que toute autre, est bien souvent l'école de l'humilité. D'une part à cause de l'immensité aquatique , et donc la multiplicité des zones susceptibles d'accueillir du poisson, mais aussi à cause des conditions météo, bien souvent désastreuses...Prendre un poisson dans ces conditions est un véritable challenge personnel, dont la réussite éventuelle à une valeur inimaginable pour qui ne fréquente pas ces lieux. Comme une sensation d'exploit, à mi chemin entre le spirituel et le physique, la prise d'un poisson est un moment rare d'intensité, soulignant grâcieusement cette quète du dépassement de soi...Capturer une carpe sur un lac de plusieurs milliers d'hectares, soumis à une tempête aussi violente qu'inopinée, revient un peu à capturer l'essence même de notre passion...

Comme à la mer...
Seule l'expérience permet de réussir régulièrement et de limiter les "galères" en grand lac. Sans parler d'un quelconque "sens de l'eau" (inné...acquis ? hum, débat en perspective !
), les expériences vécues lors de session antérieures permettent de faire une synthèse rapide, et ainsi de limiter les facteurs extérieurs. Part importante de cette "expérience", toutes les petites astuces que l'on peut mettre en place que ce soit juste pour agrémenter le confort, mais aussi souvent pour espérer voir quelques écailles. Voici donc quelques "tuyaux", pèle-mèle, mais rassurez vous la liste n'est pas exhaustive, à vous de la compléter !
* Les repères "Starbaits" ; incroyablement utiles, leur atout réside dans leur vitesse d'installation... Mettons nous en situation avec un repère "classique" (genre boule de polystyrène) : je navigue peinard, et là j'aperçois sur ma télé THE hot-spot tant attendu...Je noue le plomb au fil, dévide la longueur nécessaire, puis attache le tout au flotteur...Damned, j'ai dérivé d'au moins 40m à cause du vent (vive le zod' !), plus rien à l'écho ! Me reste plus qu'à me retaper la même en espérant être plus rapide (pas sûr non plus!)
Même situation avec un repère Starbaits : dés que j'aperçois le hot-spot, je jette le tout dans le sillage du boat, le poids du plomb suffisant à faire tourner sur lui-même le flotteur. Résultat, le repère se pose pile-poil à la verticale et s'adapte automatiquement à la hauteur d'eau en cas de marnage. Du bonheur j'vous dis... 
Avec eux, je n'hésite plus à baliser correctement un haut fond ou même le lit de la rivière, simplement pour me donner une idée précise de la configuration du fond (quitte à les enlever dans la foulée lorsque j'ai bien mémorisé la zone). Efficace...On peut même les améliorer en ajoutant des catadioptres sur les flancs : la nuit, un coup de frontale suffit à les retrouver !
NB: ces repères sont vendus dans le commerce avec un plomb insuffisant, qui ne fait pas tourner le flotteur (ou pas assez vite, et donc trop de dérive). Il suffit de plomber à 150 grs pour que tout rentre dans l'ordre. ( et pas plus, hein ??? Sinon en cas de noeud ---> glouglouglou...'Pouvez toujours glousser, ça me vexe pô, ça aurait pû arriver à n'importe qui, d'abord
.)
* La localisation nocturne des cannes ; plusieurs raisons à cela ; tout d'abord pour se diriger efficacement lors des déposes longue-distance en pleine nuit (et éviter ainsi les "ventres" de la bannière), mais aussi pour éviter les autres cannes une fois à proximité de la batterie. Pour cela, je n'ai rien trouvé de mieux que les embouts lumineux des pêcheurs en Surf-Casting, fonctionnant avec 2 piles boutons et disponibles en rouge ou en vert. Facile à allumer/éteindre (même d'une seule main en cas de combat), ils sont suffisamment discrets pour ne pas éclairer les alentours (hors secteur par exemple
) mais se voient jusqu'à plus de 400m (par bonne visibilité bien sûr). De plus, ils ne tiennnent pas beaucoup de place et sont trés, trés peu gourmands en électricité...Les essayer c'est les adopter !

* La pêche au "cassant" ; beaucoup plus qu'une alternative, pêcher au cassant est bien souvent la seule solution pour espérer sortir un poisson sur des lacs encombrés. Cette technique n'a vraiment que des avantages ;
- limitation des risques d'accrochages (lorsqu'un poisson est "tanké", c'est majoritairement le plomb qui est coincé!
)
- combat en "direct live"
- possibilité de lester "atrocement" (style 600 grs...ça bouge pô trop, même à 400m. Pi' l'auto ferrage, j'vous raconte pas ; scotché le groin d'la goulue !)
- économies substancielles....d'autant que le plomb pollue, pas la pierre !
Personnellement j'utilise du 0,18 à 0,20mm de Décat' (4x4)...pas de soucis, ça casse bien ! 
* Les "baballes" (de ping-pong par exemple); dans la lignée du "cassant", les baballes (ou tout autre système de surélévation du corps de ligne) permettent de tirer son épingle du jeu lors de conditions hyper-encombrées, genre pêche au dessus de souches (Der), de vignes immergées (Salagou), d'anciennes bâtisses/ponts (...nân, j'vous dirais pas où c'est, ça!
).
Beaucoup utilisent simplement des balles de ping-pong recyclées, percées en leur centre par un tube de stylo-bille ou de coton tige (et étanchéifiées avec de la colle cyano). J'ai personnellement un reproche à leur faire (aux balles de ping-pong, hein... pas aux carpistes qui les utilisent !); lors de pêches longue-distance (+ de 150m), elles ont tendance à perdre de leur flottabilité à cause du poids de la bannière déployée. Le moindre vent ou courant, notamment sur les tresses (puisqu'elles flottent pour la plupart), fait dériver la bannière et donc couler la baballe. Je les ai donc remplacées par des boules polystyrènes ( dans les 0,10 € chez Cultura je crois), plus grosses et flottants beaucoup mieux. Attention, prenez celles en 50 mm de diamètre, pas les plus grosses, qui ont la fâcheuse tendance à flotter...beaucoup trop!!!! Demandez donc à Guy31, qui aprés avoir monté et positionné soigneusement ses 4 cannes (pi' pas prés du bord en plus!), s'est retrouvé à pêcher en "dérive" malgré des Korda en 260 grs!!!!!
Voici le montage que je fais, il présente l'avantage de ne pas avoir besoin de refaire son noeud de tête de ligne à chaque fois que l'on veut mettre/enlever les baballes; il suffit juste de mettre un stop-float sur la tête de ligne. Efficace à 100% lorsque utilisé conjointement avec un cassant (et avec un frein TOTALEMENT déserré), la baballe permet de venir directement sur le poisson avant de prendre contact... et là, attention, c'est d'la balle !(oui, je sais c'est facile....) Un poisson "frais", juste en dessous du bateau, sans plomb....autant vous dire que ça déménage !

* Une trousse "d'eschage" dans le bateau; gardez donc, dans une petite boîte à bord du bâteau, un bas de ligne d'avance, une aiguille à bouillette, un petit ciseau et quelques bouillettes ou graînes d'eschage. Lorsque, aprés un départ "tanké", il vous faudra reposer la ligne, vous serez bien content de ne pas avoir à ramer un aller/retour supplémentaire, d'autant plus lorsque la pêche se fait à 300m avec 80 Km/h de vent...et que c'est la 4ème fois de la nuit !!!!! (si si, c'est du vécu ça aussi...
)

* Le positionnement de l'embarcation ; une des meilleurs solutions, surtout lors de pêches solitaires, consiste à positionner le bateau "prêt-à-partir". Il suffit de relever le moteur, faire reposer les 2 boudins du Zod' sur la terre ferme (pas la peine de le mettre à sec non plus!) en veillant éventuellement à glisser un ancien tapis de réception dessous si les fonds sont abrasifs. En cas de vent ou de "conditions instables", assurez le avec un "Sandow" fixé d'un côté à une pique et de l'autre à l'arbre du moteur (trés facile à défaire). Bien entendu, mais cela fait parti des "classiques" que je n'ai pas abordé, l'épuisette et un tapis digne de ce nom seront déjà à bord....Lors du départ, le fait de passer sur l'avant du Zod' provoque le soulèvement de l'arrière et décoince donc le tout; combiné avec la pression que vous mettez sur le poisson, le pneumatique glisse maintenant tout seul ! Du coup, en maîtrisant un poil le "zeste", à aucun moment vos 2 mains ne quittent la canne et tout se fait dans la foulée !

Au delà de ces astuces, j'espère simplement que nombre d'entre vous tenteront le grand saut ( si ce n'est pas déjà fait), et tomberont amoureux de ces grandes étendues comme cela a pu m'arriver il y a quelques années...Sans doute parce que tout y est décuplé ; les obstacles, les conditions météo, les galères, les indésirables, les carpes mais, par dessus tout, le plaisir et l'aboutissement personnel...
